20 Mai 2012, St Bernardin
Bernard JOY
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Le TaNaKh

 

( La TORAH­ et autres textes )

 

 

 

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Les textes sacrés du judaïsme sont les plus anciens textes sacrés après ceux de l'hindouisme. 

La tradition juive divise la TaNaKh (Bible hébraïque) en trois grandes parties, résumées par le terme des initiales de leurs titres hébreux, la Torah, les Neviim, les Ketouvim :

* la Loi, dont le nom hébreu est Torah, constituée des cinq livres attribués à Moïse, et dont la narration couvre la période allant de la création du monde à la mort de Moïse, qui a amené le peuple d'Israël hors d'Égypte jusqu'aux portes de la Terre promise, en passant par le mont Sinaï où il a reçu les commandements de Dieu ;

* les Prophètes, en hébreu Neviim, qui narrent l'installation d'Israël en Canaan jusqu'à l'Exil à Babylone, et relatent la prédication des prophètes envoyés par Dieu parler en son nom ;

* les Ketouvim, Autres Écrits, en hébreu, qui s'ouvrent par les Psaumes et des écrits de Sagesse, et complètent l'historiographie avec le retour de l'Exil.

LeTaNaKh est écrit en hébreu  avec quelques passages en araméen. Une bonne connaissance de la grammaire hébraïque est requise pour lire le texte original transmis par les massorètes.

Les Juifs considèrent traditionnellement que la Torah fut dictée par Dieu et écrite par Moise lui-même. Un travail de structuration est attribué à Esdras et à la Grande Assemblée. À l'époque romaine, les Prophètes ne sont pas reçus par la totalité du judaïsme, et la liste des Autres Écrits était encore ouverte. Avant même la traduction grecque ont existé en araméen, langue officielle de l'empire perse à l'ouest de l'Euphrate, des traductions commentées, appelées "Targoum", qui attestent une lecture publique des livres bibliques.

Les origines du TaNaKh ne font pas consensus ; La tradition attribue sa composition actuelle aux Pères de Yabné sans doute au début du IIe siècle de l'ère chrétienne. C'est la Bible selon le judaïsme. C'est ce texte-ci qui sera retenu en 1530 comme Ancien Testament par les protestants, qui l'éditeront pourtant dans l'ordre des livres de la Bible grecque.

il existe une Torah orale appelée Talmud.

La Kabbale est une autre source sacrée du judaïsme, beaucoup plus récente.

 

 

La Torah ( Pentateuque )

 

1/  la Genèse : la première partie du livre conte l'histoire des débuts de l'humanité, c'est-à-dire essentiellement:

la création du monde: "Dieu créa le ciel et la terre",

le premier homme Adam et la première femme Eve,

la notion de péché originel commis par Adam et Eve dans le jardin d'Eden,

le premier conflit humain (jalousie: Caïn fils aîné d'Adam et Eve tue son frère Abel car Dieu a préféré les offrandes de ce dernier)

le déluge que Dieu provoque et la survie de l'arche de Noé avec sa famille et un certain nombre d'animaux,

la première alliance scellée par Dieu avec Noé, représentant l'humanité.

La deuxième partie traite d'Abraham, Isaac et Jacob, jusqu'à la mort de Joseph, fils de Jacob.

 

2 / l'Exode : livre qui relate la sortie d'Egypte des Hébreux, sous la conduite de Moïse, puis leur errance dans le désert jusqu'au mont Sinaï. Les parties les plus importantes concernent:

l'oppression des Hébreux par les Egyptiens après la mort de Joseph, fils de Jacob,

la naissance de Moïse, comment il échappe au massacre, son choix par Dieu pour conduire les Hébreux hors d'Egypte, les dix plaies infligées aux Egyptiens et la libération des Israélites par Dieu à la fois de la terre d'Egypte et de l'armée égyptienne au bord de la mer Rouge,

Aaron, frère aîné de Moïse, qui sous la menace du peuple, autorise l'adoration du "Veau d'Or" qui lui vaut la colère Dieu, mais est pardonné grâce à l'intervention de Moïse et finalement et qui sera finalement consacré premier grand prêtre,

la conclusion d'une alliance entre Dieu et les Israélites, dont les termes de l'alliance sont l'énoncé par Moïse des Dix Commandements,

la construction au Sinaï du tabernacle dans lequel sont conservés divers objets sacrés.

 

3/ le Lévitique : ce livre, dont le nom vient de Lévi (3ème fils de Jacob), ancêtre d'une tribu au service du culte de Yahvé, traite:

de la révélation divine de Moïse au mont Sinaï,

des prêtres lévitiques et leurs fonctions,

des Lois: culturelles, morales et sociales:

Loi des sacrifices,

Loi de pureté (distinction entre les animaux purs et impurs, purifications physiques et sexuelles, purification après accouchement et des écoulements du corps, purification le jour du Pardon (Yom Kippour),

Loi de sainteté (prescriptions morales, des lois cérémonielles et des règles sociales, consignes de consommation alimentaire, moeurs sexuelles entre autres).

 

4/ les Nombres : livre qui traite dans les premiers chapitres des "dénombrements" (recensements) des tribus israélites. Il décrit:

les derniers jours du Sinaï,

les 40 ans (38 exactement) dans le désert sous la conduite de Moïse,

l'arrivée à proximité du pays de Canaan, avec notamment la mort d'Aaron et la succession de Moïse par Josué.

 

5/ le Deutéronome : dernier livre, qui est une seconde lecture des lois: rappel synthétique des Lois et exhortation à les respecter. Le livre revient également sur des événements marquants.
La dernière partie est totalement nouvelle: elle contient:

les derniers discours de Moïse,

la nomination de Josué,

le cantique d'adieu de Moïse,

la dernière bénédiction prononcée par Moïse,

le récit de sa mort et de ses funérailles.

 

 

Les Livres des prophètes

 

Ils sont classés en trois parties:

* les 4 Livres des premiers prophètes:

* le Livre de Josué,

* le Livre des Juges,

* les Livres de Samuel,

* les Livres des Rois,

 

les Livres des 3 prophètes postérieurs:

* le Livre d'Isaïe,

* le Livre de Jérémie,

* le Livre d'Ezéchiel,

les Livres des 12 prophètes suivants: Osée, Joël, Amos, Abadiah, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Agée, Zacharie, Malachie.

 

 

Les Hagiographes

 

Ces "Ecrits saints" constituent la dernière partie de la Bible hébraïque; ils comprennent:

* le Livre des Psaumes, comportant 150 psaumes,

* le Livre des Proverbes, écrit essentiellement par Salomon selon le Talmud,

* le Livre de Job, consacré à la justice et la souffrance humaine, à travers les épreuves de Job,

* les Cinq Rouleaux:

* le Cantique des Cantiques écrit par Salomon dans sa jeunesse,

* le Livre de Ruth, qui relate la vie de Ruth, ancêtre du roi David,

* le Livre des Lamentations, consacré à la destruction de Jérusalem (vers 587 av J-C), dont l'auteur serait Jérémie selon la tradition,

* le Livre de l'Ecclésiaste, écrit par Salomon dans sa vieillesse,

* le Livre d'Ester, reine déjouant les projets d'Aman de destruction de tous les Juifs,

* le Livre de Daniel, contenant les nombreuses prophéties de Daniel et entre autres l'interprétation du "rêve effrayant" de Nabuchodonosor (destructeur de Jérusalem),

* les Livres d'Esdras et Néhémie, ne formant à l'origine qu'un seul livre écrit par Esdras (scribe et prêtre associé à la reconstitution du Temple) complété par Néhémie (gouverneur de Judée) puis divisé en deux livres par Origène.

* les Livres des Chroniques, divisé en Chroniques I (généalogie, listes des tribus et habitants) et Chroniques II (règnes de Salomon à Cyrus).

 

La tradition juive attribue la rédaction de la Torah à Moïse inspiré par Dieu. Le Talmud l’appellera plus tard Torah chébiketav, la « Torah-qui-est-par-écrit ». Elle comprend des commandements (la tradition en compte 613) et de multiples récits. Mais elle forme un tout qui est la Parole divine. La Torah est proposée aux fidèles comme la seule source d’inspiration et ils doivent s’y référer continuellement : « Le livre de cette Torah ne quittera pas ta bouche, et tu la méditeras jour et nuit, afin d’observer tout ce qui est inscrit ; alors, tu réussiras dans tes entreprises, et tu feras preuve d’intelligence » (Josué, I, 8).

La Torah écrite constituait la charte politique, sociale et religieuse de l’ancien Israël. C’était la Loi qu’invoquaient sans cesse les prophètes. Elle remplissait de multiples fonctions. Elle servait de constitution à Israël ; les rois devaient en avoir un exemplaire par-devers eux et le consulter pour en observer les préceptes. Elle était également code pénal et code civil ; une part importante des 613 commandements de la Loi écrite concerne la législation criminelle et les rapports sociaux. Enfin, sur le plan proprement religieux, elle était la charte de l’Alliance et mentionnait les obligations du fidèle dans sa vie morale comme dans le culte.

Parallèlement à la Loi écrite, de nombreuses traditions circulaient dans l’ancien Israël. Elles concernaient l’histoire des Hébreux mais aussi l’interprétation du texte révélé. Cette interprétation était considérée comme d’inspiration divine. Ainsi apparut la notion de Loi orale, la Torah chébealpé, la « Loi-qui-est-dans-la-bouche ».

Après la destruction du premier Temple de Jérusalem (587 av. J.-C.), le judaïsme subit diverses mutations dues à une situation nouvelle, l’ Exil. L’une d’entre elles concernait la Torah, qui devenait le seul patrimoine des juifs dispersés, et qui allait prendre une place centrale dans la religion juive, au point de se substituer au Temple. Dans cette perspective, la Loi orale ne cessa de se développer. Ainsi, lorsque la littérature hébraïque parle de la Torah, elle entend aussi bien le texte biblique proprement dit (le Pentateuque, principalement) que la tradition orale, qui allait bientôt, pour l’essentiel, être consignée dans le Talmud. En effet, la Torah écrite était comme le corpus de la Loi, et la Torah orale son commentaire.

 

 

La mystique de la Torah

 

Expression de la révélation mais aussi de la sagesse, la Torah était fréquemment exaltée dans la littérature biblique, en particulier dans les livres sapientiaux. Les Psaumes et les Proverbes mettent l’accent sur sa valeur, sur la sagesse qu’elle donne aux hommes, et font de la fidélité à la Torah la vertu religieuse par excellence en même temps que la clé du bonheur. Avec l’importance croissante de la Torah dans la vie religieuse des juifs apparut une véritable mystique qui en faisait bien plus qu’une règle de conduite pour les hommes. À la Torah écrite et à la Torah orale vint se superposer une Torah non écrite, loi cosmique originelle de l’humanité, dont la Torah révélée n’est que la matérialisation. Comme expression de la volonté de Dieu, la Torah était en Dieu dès avant la création du monde. Cette dimension cosmique confère à la Torah une portée universelle.

En recevant la Loi, Israël se trouve investi d’une mission particulièrement exigeante ; en même temps, cette Loi, et elle seule, justifie son existence et le préserve. C’est ce que le Talmud exprime en un apologue célèbre : « La Torah est appelée lumière de l’homme, l’âme est appelée lumière de Dieu. Gardez ma lumière, dit le Seigneur, et moi, je garderai votre lumière. »

Cette conception de la Torah devait recevoir de très vastes développements dans la littérature mystique du Moyen Âge, particulièrement dans la Kabbale, dont elle est le fondement essentiel : la Kabbale prétend pénétrer dans les arcanes de la Torah céleste en méditant le texte de la Torah révélée. Elle imprima une direction originale à la religiosité juive en faisant non seulement de l’observance de la Torah mais de son étude un devoir essentiel du fidèle. Aucune « œuvre » n’égale en importance l’étude de la Torah ; le maître est plus que le père ; on n’interrompt pas son étude, même pour reconstruire le Temple de Jérusalem.

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 10 Juin 2010Poster un commentaire
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