20 Mai 2012, St Bernardin
Bernard JOY

 

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" Sortie au Jour"

 

( Papyrus d'Ani- B.M. 10470 )

 

 

 

dit improprement

 

"Le Livre des Morts"

 

 

 

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Origines

Le Livre des Morts dérive de deux corpus de textes plus anciens : d’abord à l’Ancien Empire les Textes des Pyramides, que l’on retrouve vers 2300/2400 av. J.-C. dans la pyramide d’Ounas, puis les Textes des Sarcophages, ou Textes des Cercueils, pendant le Moyen Empire.

L’exemplaire le plus ancien du Livre des Morts que nous connaissons à ce jour date du début de la XVIIIe dynastie : il s’agit du Livre des Morts de Nou, le fils du « Surintendant de la Maison du Surintendant du Sceau, Amenhetep, et de la Dame de Maison, Senseneb ».

Le nom originel de ce fameux Livre est porté sur plusieurs exemplaires qui nous sont parvenus, soit en tête du document, soit à la formule 17 du texte, l’une des plus importantes ; il s’intitule « Livre pour sortir le jour » ou « Livre pour sortir au jour ».

Rassemblant jusqu’à deux cents « formules » ou « chapitres », souvent accompagnés de « vignettes » illustratives, le Livre des Morts est rédigé sur papyrus et placé avec le défunt dans sa tombe, mais on le retrouve aussi sur des bandelettes de momie, sur certains sarcophages et éléments de mobilier funéraire, ou encore gravé sur les murs des temples.

Le contenu à caractère magico-religieux s’appuie sur des formules plus ou moins courtes visant à protéger, aider, ou défendre le défunt, mais aussi à lui donner les capacités de se nourrir, de connaître les noms des gardiens et créatures qu’il est amené à rencontrer, etc..

Le recours au Livre des Morts se fera jusqu’à la Basse Époque, et aux périodes ptolémaïques et romaines, précisément par l’utilisation de formules très ciblées et extraites du corpus complet.

Contenu

Ce livre répond à toutes les grandes questions théologiques liées à la mort : le défunt espère l’intégrité de son être (tout comme Osiris), la liberté de mouvement (pour, notamment, sortir de sa tombe), ne manquer de rien (pouvoir parler, manger, boire), et renaître chaque matin comme le scarabée solaire Khépri :

« Fasse qu’une place soit préparée pour moi dans le bateau du soleil le jour de la renaissance du Dieu, et fasse que je sois reçu en la présence d’Osiris sur la terre du triomphe ! »

« Tu redeviens jeune et le même que tu étais hier, ô puissant jeune qui t’es créé toi-même. »

« Puisse-t-il entendre comme vous entendez ; puisse-t-il voir comme vous le voyez ; puisse-t-il se présenter comme vous vous présentez ; puisse-t-il s’asseoir comme vous vous asseyez ! »

Le texte commence d’abord par le deuil et les funérailles, emmenant le corps du défunt jusqu’à la tombe, début de son voyage. On peut souvent y voir l’âme du défunt voyageant depuis son sarcophage dont s’occupe le prêtre-sem jusqu’au caveau. Le manuscrit se poursuit sur la création de l’univers et l’héritage divin. Viennent ensuite les chapitres des expéditions du défunt, puis ses transformations. Il est enfin jugé avant d’accéder au royaume d’Osiris.

Découpage

Jusqu’aux déchiffrements des hiéroglyphes et la découverte de la « clé » de décryptage de cette écriture, on pensait que le Livre des Morts s’apparentait à une « Bible » des Égyptiens, déposée à côté du défunt pour l’Éternité. Cependant, la lecture des textes a permis de percer la vraie signification de ces textes, et d’éliminer la vision canonique de l’ouvrage : si certains papyrus rassemblent quasiment tous les chapitres, toutes les formules, d’autres ont fait le choix d’une sélection des formules les plus « adéquates », via l’omission volontaire d’autres formules.

Il est également fort probable que des scribes étaient dépêchés à la rédaction et à l’illustration permanente de Livres des Morts anonymes, que l’on acquérait pour y porter àposteriori le nom du défunt. Ceci expliquant une sélection simplifiée du nombre de chapitres « réellement » utiles.

Deux types de séquençages des formules peuvent être observés : l’un, concerne les manuscrits d’époque tardive, sous l’acception d’édition saïte, rédigés soit en hiéroglyphes, soit en hiératique. L’égyptologue et linguiste allemand K. R. Lepsius utilisa dans sa première publication du Livre des Morts en 1843 daté de l’époque ptolémaïque une numérotation des formules allant de 1 à 165. Certaines vignettes ont également été numérotées (16, 143, 150). Dans la plupart des papyrus du livre composés entre la XXVIe dynastie et l’époque ptolémaïque, le nombre de formules est quasiment le même : ce séquençage a donc été intitulé « recension saïte du Livre des Morts ». Toutefois, cette numérotation arbitraire ne permet qu’un repérage des « scénettes », puisqu’elle ne correspond en rien à une continuité permanente dans tous les manuscrits. L’une des principales caractéristiques de la version saïte réside dans la standardisation du contenu et de son découpage, contrairement à l’édition thébaine du Livre des Morts.

A contrario, donc, les Livres des Morts datés du Nouvel Empire jusqu’à la Troisième Période Intermédiaire présentent une grande variété, autant dans leur séquençage que dans le nombre de chapitres/formules, rédigés pour l’essentiel en hiéroglyphes. L’égyptologue suisse H. Édouard Naville en publia en 1886 ce qui allait devenir la première édition complète en trois volumes. Il répertoria ainsi 166 formules, augmentées plus tard de 24 formules par E. A. W. Budge. Depuis, de nouvelles formules ont été identifiées, incrémentant encore ce nombre.

Osiris et Rê

Dans cette pseudo-bibliographie funéraire, racontant le voyage mythique du défunt dans l’au-delà, deux divinités prépondérantes vont servir de « fil rouge » au récit.

En premier lieu, on y trouve le dieu solaire, sous toutes ses apparences. On y narre son voyage nocturne comme dans d’autres textes (Amdouat, notamment) : le soleil au crépuscule de sa vie sous la forme d’Atoum, le créateur, disparaît du monde des vivants, et débute un périple dans le monde dans d’en bas. Dans sa barque halée par d’autres génies et protégée des attaques des ennemis, il prend peu à peu la forme de Rê, et reparaît le matin au monde des vivants, triomphant sous la forme du scarabée Khépri.

En second lieu, il s’agit de l’histoire mythique d’Osiris, de sa mort, et de son règne éternel. Le défunt va d’ailleurs croiser tous les protagonistes du mythe d’Osiris : son épouse Isis, Nephtys, Anubis, Horus, le frère ennemi Seth, et les dieux de l’origine du monde.

De fait, le défunt va revêtir l’apparence des deux dieux, pour renaître chaque matin comme le soleil, pour s’établir dans le monde d’en bas comme Osiris et devenir lui-même un Osiris, capable d’échange entre le monde des vivants et celui-ci.

La psychostasie et la confession négative

Au chapitre 30 du Livre des Morts, le défunt s’assure que son cœur – le siège de son âme – ne se rebellera pas contre lui lors de son jugement. Ce passage important reflète la crainte de tout défunt qu’un acte qu’il aurait pu faire de son vivant lui soit reprocher à sa mort.

 

 

Formule pour ne pas laisser le cœur de N s’opposer à lui dans la Nécropole. Dire :


« Ô mon cœur de ma mère,
Ô mon cœur de ma mère, 
Ô mon cœur de mon être ! 
Ne te lève pas contre moi en témoin, 
Ne t’oppose pas à moi au tribunal, 
Ne te rebelle pas contre moi devant les gardiens de la balance ! »

 

 

En écho du chapitre 30, au chapitre 125 le défunt se présente dans la salle des Deux Vérités devant 40 à 42 juges dont il donne les noms, et leur exprime ce qu’il s’est abstenu de faire pendant son existence : « je n’ai pas tué, je n’ai pas opprimé, je n’ai pas péché, je n’ai pas blasphémé les dieux, etc. ». Il devra certifier n’avoir commis aucun crime, avoir respecter la Maât et n’avoir fait preuve d’aucune injustice. Cette salle est représentée avec une corniche décorée d’uraei ; on y accède par un battant de porte dont le nom est indiqué et donné par le défunt pour y pénétrer, et on en ressort par une seconde porte, également nommée. Les juges s’y tiennent soit assis soit debout. Une partie de la confession est rédigée à l’extérieur de la salle, une autre à l’intérieur.

Dans ce même chapitre, le défunt doit faire face à Osiris, le grand souverain qui préside le tribunal divin, dans une scène dénommée psychostasie, ou « pesée de l’âme », et que notre vision moderne a, par raccourci, dénommée « Jugement Dernier ». Guidé par Horus ou par Anubis, le défunt est mené devant une balance. Son cœur est pesé en contrepoids de la plume de Maât sur une balance. Thot le scribe des dieux, sous une forme d’ibis à corps humain ou de babouin lunaire, prend note du résultat de la pesée.

Si le cœur est trop lourd et fait pencher la balance du mauvais côté, il sera dévoré par « la Grande Dévoreuse », ou Dévorante, animal monstrueux et hybride, que les Égyptiens appellent Ammyt. Cet animal féminin à tête de crocodile, aux corps et pattes avant d’hippopotame et à l’arrière-train de lion, se tient assis ou couché aux abords de la balance. Le cœur étant dans la pensée égyptienne le siège de l’âme, tout espoir de survie dans l’au-delà s’effondre.

Après la balance, Osiris attend de prononcer son jugement, assis sur un trône sous un dais, entouré d’autres divinités. À l’issue du jugement, l’égyptien espère être déclaré « juste de voix », « justifié ».

Quelques exemples de chapitres

Au chapitre 1, le défunt est accepté à entrer dans l’autre monde, et pourra embarquer sur la barque solaire. Au chapitre 2, il reçoit la capacité de pouvoir ressortir de l’autre monde. Au chapitre 4, Le défunt est autorisé à traverser le ciel où combattent Horus et Seth.

Les chapitres 21, 22 et 23 ont trait au « Rituel de l’Ouverture de la Bouche ».

Au chapitre 24, ses mots prennent une valeur magique performative.

Le chapitre 34 est dirigé contre les serpents et leurs morsures, notamment par l’identification du défunt avec Maftet. Déesse protectrice et dangereuse citée dès la Ière dynastie, dans les Textes des pyramides, et notamment dans la pyramide d’Ounas, elle est « Celle qui préside au Château de Vie » (ḥntit hwt-ˁnḫ). Primitivement, la déesse dont le nom signifie « Celle qui court » protégeait le Pharaon contre les attaques des serpents (et notamment, dans la mythologie, les attaques du serpent rrk), des scorpions, de la vermine et des autres animaux du désert. Il semble que peu à peu le rôle de Maftet ait été annexé au chat (hiéroglyphe finalisant son nom dans beaucoup de manuscrits), probablement sous la forme de la déesse Bastet. Les papyrus de la fin du Nouvel Empire mentionnent parfois Maftet comme celle qui veille au respect de la justice lors de la pyschostasie dans le Livre des Morts. Dans cette même chasse au serpent, le chapitre 35 vise à triompher du serpent Seksek et de ses sbires.

Les chapitres 62 à 65 indique au défunt comment se prémunir de la soif, comment ne pas être brûlé ou ébouillanté, comment respirer, et comment ne pas perdre son cœur ou voir son âme exclue de l’au-delà.

Au chapitre 77, le défunt se transforme en faucon doré, à tête de benou (oiseau dont il prend la forme au chapitre 83), et au chapitre 78, en faucon sacré.

Au chapitre 86 débutent les transformations. Le défunt connaît les formules pour prendre l’apparence d’autres créatures pour parcourir l’au-delà et rencontrer les dieux. Ce chapitre 86, qui vise à le transformer en hirondelle, le voit aussi transformer en scorpion, « fille de Rê ».

 

 

 

allez vous promener sur

http://www.egypte-antique.fr

d'où provient ce texte-préambule

 

 

 

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Tags associés : livre, morts, quelques, mots

J'kaz !
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Mardi 29 Novembre 2011Poster un commentaire
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