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Gilgamesh
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Traduction Complète tirée du livre deDr G. CONTENAUConservateur au Musée du LouvreL’épopée de GILGAMESHPoème BabylonienEdition : L’Artisan du LivreMCMXXXIX
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Tablette I
Colonne I
Celui qui a vu le fond de toutes choses et tous les pays, Celui qui a su tout pour l’enseigner à tous, il fera part de son expérience et chacun en profitera ! Il a possédé la sagesse et la science universelle ; 05 il a découvert le secret de ce qui était caché ! Celui qui porta en lui la connaissance de ce qui fut antérieur au Déluge il a fait de longs voyages, il a pâti, et l’on a consigné sur une stèle ses épreuves. Il a fait bâtir l’enceinte d’Uruk aux enclos, 10 du saint Eanna, du pur sanctuaire, il a posé la pierre de fondation. (?) Ce mur qui s’étend, comme fait au cordeau, il a pu contempler son faîte que rien n’égale, il a pu apercevoir son seuil qui date de toujours, il a pu s’approcher de l’Eanna, demeure de la déesse Ishtar, 15 que nul roi à venir, que nul homme n’égalera ; s’il est monté sur le mur d’Uruk, s’il s’y est promené, s’il a porté ses yeux sur sa base et a regardé sa construction, eh bien! la base de la construction, n’est-ce pas de la brique cuite ? 19 Son gros œuvre, n’y voit-on pas sept couches bitumées ?
…………(Lacune)…………………
Colonne II
(Gilgamesh), deux tiers de son corps sont d’un dieu, le troisième tiers est d’un homme, la forme de son corps (est parfaite) 09 le choc de ses armes est sans pareil,
…………(Lacune)…………………
12 Gilgamesh ne laisse pas un fils à son père ; jour et nuit sa superbe est immense ; Gilgamesh, lui, le pasteur d’Uruk aux enclos, 15 le pasteur de ses habitants, le fort, l’admirable, l’avisé, il ne laisse pas une fille à sa mère, ni la fille d’un preux, ni l’épouse d’un héros. Les gens d’Uruk se sont plaints aux dieux, les dieux du ciel se sont plaints à Anu, le maître d’Uruk aux enclos : 20 « Tu as créé une progéniture qui n’a pas de rival, Gilgamesh ne laisse pas un fils à son père ; jour et nuit sa superbe est immense, lui le pasteur d’Uruk aux enclos, 25 lui, le pasteur de ses habitants, le fort, l’admirable, l’avisé ; Gilgamesh ne laisse pas une fille à sa mère, ni la fille d’un preux, ni l’épouse d’un héros ! » Anu se plaignit à la déesse Aruru, à la grande déesse Aruru, il dit : 30 « Toi, Aruru, qui a créé l’humanité maintenant crée une réplique (de Gilgamesh) ; cet homme en son temps, rencontrera Gilgamesh ; tandis qu’ils lutteront entre eux, Uruk sera tranquille ». La déesse Aruru, ayant entendu ce vœu, imagina en elle-même une image du dieu Anu ; elle mouilla ses mains, elle pétrit un bloc d’argile, en modela les contours, 35 Et façonna le preux Enkidu, le héros auguste, le champion de dieu Ninurta. Tour son corps est velu, ses cheveux sont coiffés comme ceux d’une femme ; Ses cheveux sont drus comme les orges des champs ; il ne se soucie ni des gens ni du pays ; il est vêtu comme le dieu Sumuqan. 40 Avec les gazelles, il se nourrit d’herbes, avec le bétail il s’abreuve aux points d’eau ; oui, avec les troupeaux, il se plait à boire. Un chasseur, un homme d’affût,le rencontra devant le point d’eau un jour, puis deux, puis trois, devant l’abreuvoir, 45 il le vit le chasseur et ses traits se contractèrent, il rentra chez lui avec son troupeau, il s’assombrit, il gémit de peur, son cœur et sa face s’obscurcirent. La peur tenailla ses entrailles, 50 son visage fut semblable a celui qui a fait un lointain voyage.
Colonne III
Le chasseur prit la parole et parla ainsi à son père : « Mon père, un gaillard est venu de la montagne, le poids de sa force pèse sur le pays ; sa vigueur est celle d’un champion d’Anu ; 05 il se pavane sur le pays, sans cesse ; sans cesse avec les troupeaux, il vagabonde, sans cesse il dirige ses pas vers les points d’eau ; j’ai peur et je n’ose approcher de lui, il a rempli les fosses que j’avais creusées, 10 il a arraché les pièges que j’avais tendus, il a fait échapper de mes mains le troupeau des bêtes de la plaine, il ne m’a pas laissé chasser dans la plaine ». Son père répondit et dit au chasseur : 15 « Mon fils, Gilgamesh règne dans Uruk et nul ne l’a vaincu, sa force est la plus grande dans tout le pays ; Comme celle d’un champion du dieu Anu, sa puissance est immense ! Va, fais route vers Uruk; quand Gilgamesh entendra parler de la force de cet homme Il dira : va, ô chasseur, emmène avec toi une prostituée du temple, une fille de joie ;
20 …………(Lacune)…………………
Lorsque ce gaillard viendra faire boire son troupeau au point d’eau, qu’elle ôte son vêtement, il sera captivé par elle ; dès qu’il la verra il s’approchera d’elle pour la posséder, et son troupeau, qui a grandi dans le désert, ne le connaîtra plus. » 25 Au conseil de son père, il prêta l’oreille, le Chasseur ; il alla vers Gilgamesh, il pressa le pas et se dirigea vers Uruk, (il alla vers Gilgamesh et lui dit) : « Un gaillard est venu de la montagne, 30 le poids de sa force pèse sur le pays ; comme celle d’un champion d’Anu, sa vigueur est immense ; il se pavane sur le pays, sans cesse ; sans cesse avec les troupeaux, il vagabonde, sans cesse il dirige ses pas vers les points d’eau ;
35 j’ai peur et je n’ose approcher de lui. Il a rempli les fosses que j’avais creusées, il a arraché les pièges que j’avais tendus, il a fait échapper de mes mains le troupeau des bêtes de la plaine, il ne m’a pas laissé chasser dans la plaine ! » 40 Gilgamesh s’adressa au chasseur et lui dit : « Va, ô chasseur, emmène avec toi une prostituée du temple, une fille de joie ; Lorsque l’homme viendra faire boire son troupeau à l’abreuvoir, Qu’elle ôte son vêtement, il sera captivé par elle ; dès qu’il la verra il s’approchera d’elle pour la posséder, 45 et son troupeau, qui a grandi dans le désert, ne le connaîtra plus. » Le chasseur se mit en route, il emmena avec lui, une prostituée du temple, une fille de joie ! Ils pressèrent le pas et accomplirent le voyage. Le troisième jour, ils arrivèrent à l’endroit désigné. Le chasseur et l’hiérodule s’assirent à quelque distance l’un de l’autre. 50 Un jour et encore un autre jour, ils s’assirent devant le point d’eau. Le bétail atteignit alors le point d’eau pour boire ;
Colonne IV
01 il arriva, le troupeau, et il se rassasia d’eau. Pour lui, Enkidu, qui était né dans la montagne, avec les gazelles, il se nourrissait d’herbe, avec le bétail, il buvait aux points d’eau ; 05 oui, avec les troupeaux, il se plaisait à boire. Elle le vit, la fille de joie, le grand gaillard, le fort, celui qui brise tout, l’habitant de la plaine. « Le voici, fille de joie (dit le chasseur), offre ton corps, montre-le lui, qu’il possède ta beauté ; 10 n’aie pas honte, prends son souffle. Il va te voir et s’approcher pour te prendre ; ôte ton vêtement et qu’il s’étende sur toi ; procure-lui la volupté que peut donner la femme, alors son troupeau qui a grandi dans le désert ne le reconnaîtra plus, 15 puisque sur sa poitrine il t’aura tenue. » La fille de joie dévoila ses seins, elle montra son corps, et il posséda sa beauté ; sans avoir honte, elle prit son souffle ; elle ôta son vêtement et il s’approcha pour la prendre ; elle lui procura la volupté que peut donner la femme, 20 et il la serra contre sa poitrine. Six jours et sept nuits, Enkidu s’approcha de l’hiérodule et la posséda. Lorsqu’il fut rassasié de plaisir, il se tourna vers son troupeau, mais lorsqu’elles le virent, les gazelles fuirent Enkidu. 25 Le bétail de la plaine s’écarta de lui ; Enkidu fut atterré, son corps fut comme lié, ses genoux restèrent immobiles, tandis que son troupeau se sauvait ; Enkidu ne sut plus courir comme autrefois ; et il comprit ce que cela voulait dire, son intelligence s’ouvrit. 30 Il retourna s’asseoir auprès de la prostituée. La prostituée considère le visage d’Enkidu, et ce qu’elle dit, ses oreilles le recueillent ; elle s’adresse ainsi à Enkudu : « O Enkidu, ta beauté est celle d’un dieu ; 35 pourquoi vagabonder dans la plaine avec le bétail ? viens ! je te conduirai dans Uruk aux enclos, au temple saint, demeure du dieu Anu et de la déesse Ishtar, à l’endroit ou Gilgamesh, accompli en force, comme un taureau sauvage surpasse en vigueur tous les habitants. » 40 Elle dit, et son parler lui convient, car son cœur avisé cherche un ami. Le divin Enkidu s’adresse à l’hiérodule et lui dit : « Allons, fille de joie, conduis-moi au temple pur, demeure sainte du dieu Anu et de la déesse Ishtar, 45 à l’endroit où le divin Gilgamesh, accompli en force, comme un taureau sauvage surpasse en vigueur tous les habitants, car moi, je veux l’avertir, et je lui parlerai comme il faut.
Colonne V
Je proclamerai dans Uruk : Oui, je suis fort et capable de changer le cours des choses ; car l’enfant de la plaine, sa force est puissante. »
05 …………(Lacune)…………………
Enkidu et la prostituée de mirent en
route vers Uruk aux enclos ; là les gens se réjouissent en habits de fête, car chaque jour est un jour de fête.
10 …………(Lacune)…………………
« O Enkidu, dit la prostituée, toi qui veux connaître je te ferai voir Gilgamesh qui est tout à la joie, 15 tu le regarderas, tu contempleras son visage ; il resplendit de vaillance et de vie ; le désir de la volupté remplit son corps ; sa vigueur est plus forte que la tienne. Il ne s’étend pour prendre du repos ni jour ni nuit. 20 Enkidu, tu changeras la vie ! Gilgamesh, que le dieu Shamash affectionne, et à qui les dieux Anu, Enlil et Ea ont donné de larges oreilles (une vaste intelligence), avant que tu sois descendu de la montagne, Gilgamesh , dans Uruk t’a vu dans ses rêves. 25 Aussi, quand il se leva, Gilgamesh raconta ses rêves et les dit à sa mère : « ma mère, a-t-il dit, j’ai eu un songe cette nuit ; je me sentais plein de force et je me pavanais parmi les vaillants ; les étoiles brillaient dans les cieux ; quelqu’un de semblable à un champion du dieu Anu tomba sur moi ; je voulus le porter, il était trop lourd pour moi ; 30 je voulus me dégager de l’oppression de son corps, je ne pus le mouvoir. Les gens d’Uruk s’assemblèrent autour de lui ; Les artisans, les vaillants, mes compagnons ! 35 Ils lui rendirent hommage et baisèrent ses pieds. Alors je l’ai enlacé comme on enlace une épouse, je l’ai soulevé et je l’ai déposé à tes pieds. » Nin-Sun l’avisée parla ainsi à son fils : 40 Nin-Sun l’avisée, qui sait toutes choses, parla ainsi à Gilgamesh : « Les étoiles des cieux représentaient tes compagnons. Celui qui, semblable à un champion du dieu Anu s’est abattu sur toi, et que tu n’as pu porter, car il était trop lourd, dont tu as voulu éloigner le poids du corps, que tu n’as pu mouvoir, 45 et que tu as fini par apporter devant moi, j’en ai fait ton compagnon ; comme sur une épouse, tu t’es penché vers lui ;
Colonne VI
c’est un fort compagnon, il viendra en aide à son ami ; le poids de sa force pèse sur le pays. Sa vigueur est celle d’un champion d’Anu ! Lui sur qui tu es penché comme sur une épouse, 05Il ne t’abandonnera jamais ; Voici l’explication de ton rêve. » Peu après Gilgamesh s’adressa ainsi à sa mère : « Ma mère, j’ai fait un autre rêve, dans Uruk aux enclos, une hache tombait du ciel ; on s’assemblait autour. 10 Les gens d’Uruk se tenaient auprès d’elle ; les gens se rassemblaient en se penchant sur elle. La hache était à double tranchant, et moi, je l’ai apportée à tes pieds ; comme sur une épouse, je me suis penché sur elle. 15 Et tu me l’as donnée pour compagnie. » La mère de Gilgamesh consommée en sagesse et qui connaît toutes choses, s’adresse à son fils : « La hache que tu as vue était un homme, sur qui tu es penché comme sur une épouse, et je l’ai mis en ta présence ; 20 c’est un fort compagnon, il viendra en aide à son ami ; sa vigueur est celle d’un champion d’Anu, et j’en ai fait ton compagnon ! »
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Mardi 04 Janvier 2011Poster un commentaire
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